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Photovoltaïque : intéressant mais gare aux arnaques

Dernière mise à jour le 28 mars 2014

La technologie photovoltaïque (PV) est au point, intéressante du point de vue économique et environnemental. Mais certains démarcheurs promettent des miracles grâce au PV et les désillusions se multiplient. La preuve par l’exemple avec une ardennaise qui a fait appel à nous suite à un démarchage.

Article modifié le 28 mars 2014 (voir liens en fin d’article)

« Tout a commencé par un démarchage téléphonique. Mon interlocuteur m’a demandé si j’étais intéressée pour me faire équiper de panneaux photovoltaïques gratuitement ». Le 8 décembre dernier, un commercial se présente chez elle, dans le quartier d’Etion, à Charleville-Mézières.

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Un gain promis de 20 861 euros

La maison est exposée sud-est et la pente du toit permet l’installation des panneaux.
« Il m’a dit que les panneaux me rapporteraient environ 150 euros par mois et que cela épongerait les frais d’installation et de fonctionnement du matériel ».
Le cœur de l’argumentaire : la société inclut une offre de crédit, dont le remboursement est censé être avalé lui aussi par les gains attendus. Au regard du prix de l’électricité, et du crédit d’impôt consenti par l’État, qui encourage ce type d’énergie, de savants calculs sont griffonnés devant la cliente. Elle n’en conservera que quelques pages de brouillon sans valeur juridique. Au final, l’incroyable nouvelle se résume à un chiffre alléchant : la cliente potentielle entrevoit un gain de 20 861 euros au bout de 20 ans !
« Au cours des presque trois heures d’entretien, il a ajouté : vous savez, le prix de revente du kilowatt-heure va baisser au 1er janvier, de 0,42 à 0,37, voire 0,32 euro. Il fallait signer rapidement, on était le 8 décembre.

En réalité, 86 euros facturés chaque mois

Elle signe, comprenant avoir encore un ou deux mois de réflexion pour changer d’avis. Après coup, en replongeant dans les calculs du technico-commercial, elle se rend compte du flou dt commence à douter.
Adhérente de l’Agence locale de l’énergie, elle contacte un de nos conseiller Info Energie pour mieux comprendre la proposition qui lui avait été faite.

En reprenant les calculs avec des logiciels dédiés, il apparait clairement que l’offre n’est pas valable.

Demandant des explications à la société en cause, nous avons obtenu d’abord d’autres offres commerciales, puis enfin l’annulation de l’affaire, confirmée par écrit.

Car après calcul, le gain de 20 861 euros s’est transformé en perte de 5 000 euros, « au mieux », selon le Conseiller Info Energie.
Pour Muriel Martin, en fait d’une opération lucrative sans sortir un centime, cela aurait représenté une facture de 86 euros par mois, pendant douze ans.

Du miracle à la réalité

L’ALE 08 a listé les écarts entre les éléments avancés par le commercial et la réalité.

1) D’après nos calculs, l’ensoleillement a été gonflé du simple au double pour ce projet, compte tenu de la pente et de l’orientation du toit, mais aussi de la puissance de panneau proposée (qui s’exprime en kilowatt-crête, ou kWc). À ce niveau, précisons que le nombre d’heures d’ensoleillement n’est qu’une donnée météorologique. Ce qui importe pour le producteur d’énergie photovoltaïque, c’est le nombre d’heures « d’équivalent plein soleil ». Dans ce cas, on passe donc d’une production annuelle estimée par le commercial à 1 600 kWh/kWc à seulement 860 kWh/kWc dans la réalité. Un écart loin d’être négligeable.

2) Un prix d’achat de l’électricité trop optimiste. Les calculs griffonnés à destination de l’éventuelle cliente s’appuient sur un prix d’achat de 42,75 centimes d’euros du kilowatt-heure. Or à la date du 8 décembre, « un autre tarif était déjà prévu. Le dossier de demande de raccordement complet n’étant pas déposé au 31 décembre 2011, le tarif qui sera a priori en vigueur sera au final de 38 centimes ! » La clienteaurait dû être informée de cette évolution régulière du tarif d’achat. On peut ajouter que l’incitation à signer rapidement n’avait finalement aucun fondement.

3) Un crédit d’impôt coupé en deux quelques jours après. Le prix d’achat de l’électricité n’est pas le seul à baisser. Comme pour d’autres investissements, le crédit d’impôt consenti pour l’investissement diminue régulièrement. Or, ici encore, se presser avant le 1er janvier ne servait à rien : ce n’est pas la signature qui compte, mais la réalité de l’installation et sa facturation. Prévues pour 2012, elles n’auraient bénéficié d’un crédit d’impôt qu’à hauteur de 11 % et non 22, le prix de 2011, utilisé par le commercial pour sa démonstration.

4) Une année… qui compte dix mois. Qui osera encore prétendre que tout augmente ? La dernière des « coquilles » relevées par l’ALE est au mieux une sacrée étourderie, au pire une embrouille très culottée. Le commercial n’a pas hésité à transformer un profit annuel de 1 503 € par an en gain mensuel de 150,30 € ! Peut-être plus simple pour faire la division, mais on risque de tousser en novembre…

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Comment choisir sans se tromper ?

Environ 10 personnes ont déjà contacté l’Espace info Energie de l’ALE 08 pour des arnaques au photovoltaïque... mais pour combien qui ne se sont pas manifestés ?

Aux prix actuels, dans le meilleur des cas, on peut espérer un gain d’environ 10 000 euros, au bout de 20 ans et pour un investissement de 12 000 euros. C’est donc intéressant, mais on ne peut pas non plus faire fortune, surtout en investissant à travers un crédit. »

Ne pas discréditer le photovoltaïque


Être acteur de sa démarche, c’est le conseil que nous vous donnons. Le photovoltaïque ne doit pas être discrédité. Ça reste quelque chose d’intéressant, écologiquement et financièrement. Mais il ne faut pas attendre d’être démarché par des boîtes venues de l’extérieur de la région. Certains commerciaux restent jusqu’à cinq heures chez quelqu’un, ça peut être difficile de résister. Il faut commencer par aller voir des installateurs locaux, demander des devis pour comparer, ne pas hésiter à téléphoner à l’ALE pour un renseignement… et ne jamais signer tout de suite.

Et après le délai de rétractation ?


Dans notre exemple, les délais de rétractation (7 jours pour un démarchage à domicile, 14 pour le crédit à la consommation) étaient écoulés, mais cela ne l’a pas empêchée d’avoir gain de cause.
À la préfecture, le service de la concurrence, de la protection économique et de la sécurité des consommateurs, compétent en la matière, n’a pas hésité à rappeler à notre démarchée que, ces délais passés, des recours subsistaient, notamment en cas de manquement à la bonne foi dans l’exécution d’un contrat (article 1134 du Code civil).

Rappelons que bien souvent, pour les personnes qui nous contactent, on s’aperçoit que le photovoltaïque n’est pas la priorité. Ils peuvent isoler, repenser le système de chauffage… C’est sûr qu’isoler ses combles, ça fait moins baver les voisins que poser des panneaux ! »

L’UFC Que Choisir informe sur le rôle des société de Crédit

Lorsque les démarcheurs vous font signer un crédit, il engage également la société de crédit : voir cet article et celui-ci

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